Extrait de L’ordre du Lys

Tome 1: La Malédiction du Lys

PROLOGUE

L’histoire commence dans la ville de Lilium, gouvernée
par la grande famille des Lithium depuis des millénaires.
L’un des plus renommés de ces membres se nommait
Ruber, un jeune prince connu pour sa gentillesse et
sa beauté envoûtante. Mais un jour, les habitants se révoltèrent
contre le roi. Voulant protéger son père, Ruber
fut tué dans la bataille. Les habitants, tellement choqués
et secoués de la disparition de leur prince bien aimé,
abandonnèrent la révolte et laissèrent leur chagrin envahir
le royaume. Mais le prince avait laissé sa jeune
épouse qui était enceinte, ce qui assura la descendance
de la famille royale. Cependant, durant des années,
chaque prince qui régnait était mystérieusement assassiné,
laissant donc la place aux princesses. Chaque
couple royal de la branche principale de la famille Lilium
avait cette peur au ventre, de devoir dire un jour au
revoir à leur fils bien aimé. Malheureusement, le roi régnant
Victor et sa femme eurent un fils. Ayant peur de le
voir mourir, ils confièrent leur petit prince à l’une de
leurs plus fidèles servantes qui accepta de l’élever en secret
pour lui sauver la vie. Mais le roi ne voulait pas se
voir retirer le trône par son frère cadet, père d’une petite
fille et d’un garçon nommés Félydia et Chris. Avec son
épouse, ils adoptèrent une petite fille qu’ils appelèrent
Alice. Personne ne savait qu’elle n’était pas de sang
royal : elle n’était pas la véritable héritière. Pendant des
années, le secret fut gardé.

C h a p i t r e I
La tragédie
Lilium était en fête. Les deux jeunes princesses, Alice et
Félydia, allaient avoir leur majorité. Les habitants avaient
décoré leurs maisons, leurs échoppes, ainsi que toutes les
rues et les grands lampadaires avec des lys blancs, l’emblème
de la famille royale, qui ressortaient magnifiquement
bien sur les murs de pierres de la ville. Quelques
vieilles boutiques comme celle du forgeron et de l’orfèvre
avaient des lys rouges à leurs portes. La ville était encore
plus animée que d’habitude. Sur la place centrale près de
la fontaine, un petit groupe de musiciens jouait pendant
que certains villageois dansaient au son de ces joyeuses
harmonies.
Par-delà les remparts de la cité, de nombreux carrosses
des familles nobles voisines arrivèrent pour ce jour exceptionnel.
Les plus anciens citoyens appréciaient vraiment ce
jour, car d’ordinaire les enfants prétendant au trône se détestaient,
mais ces dernières étaient comme des sœurs et
passaient tout leur temps ensemble. Elles tenaient d’ailleurs
à se préparer seules en ce jour particulier, sans l’aide
de leurs servantes.
Alice se trouvait dans le grand dressing où toutes les
tenues, les accessoires et le maquillage étaient rassemblés,
bien que séparés en plusieurs petites pièces. C’était une
jeune fille au teint assez pâle, des yeux verts ainsi que de
longs cheveux châtains qui descendaient jusqu’en bas du

dos ; ce qui la rendait attractive aux yeux de tous. Elle était
assise devant la coiffeuse vérifiant une dernière fois sa
coiffure. Elle était vêtue d’une longue robe blanche aux
manches mi-longues et évasée, à ses poignets des mitaines
en dentelles tenues par des rubans rouges tout comme son
corset. Jetée sur ses épaules se trouvait une longue cape en
velours rouge bourgogne. Elle n’était pas souvent en robe,
mais aujourd’hui était un jour spécial pour les deux jeunes
femmes. Félydia, qui venait de rejoindre sa cousine, portait
une tenue qui faisait ressortir son côté garçon manqué.
L’habit consistait en une chemise à froufrous dans les
teintes blanche et grise, et aux manches évasées. Par-dessus
cette chemise, elle portait une veste bleue fermée par
des boutons en or. On pouvait apercevoir sous sa jupe
grise un pantalon en toile orné de rubans rouge bordeaux,
qui permettait d’être plus à l’aise, avec un jupon blanc à
froufrous par-dessus, assorti à la chemise. Le tout donnant
l’impression qu’il s’agissait d’une simple robe. Comme
chaussures, elle portait des bottes montantes à talon aiguille
noir se refermant par des lacets blancs.
— Alice, tu as déjà mis ta robe pour le bal ? s’étonna Félydia
en écarquillant les yeux.
— Oui ! Même si celui-ci a lieu seulement dans deux
heures, je voulais te montrer ma robe avant, répondit-elle
avec un grand sourire en se levant pour la faire tournoyer.
— Tu es ravissante !
— Merci. Je pensais également te voir en robe… Ça
changerait de d’habitude, rigola-t-elle.
— Je pensais te la montrer au dernier moment. Tu sais
bien combien j’aime les robes.
— S’il te plaît, fais un effort ! On n’a pas tous les jours vingts ans!
— C’est vrai… Tu as raison, je vais faire un effort.
Alice prit Félydia par la main et se mit à courir en direction
de la pièce des robes. Malgré ses talons, elle courait
très vite. Une fois au centre de la pièce, Alice mit ses mains
sur ses hanches et regarda avec insistance son amie qui
soupira. Félydia se dirigea vers la penderie des robes aux
teintes vertes. Elle saisit une longue robe émeraude avec
un gros ruban noir noué qui servait de ceinture pour souligner
la finesse de la taille. Elle se tourna vers Alice qui
avait les yeux qui pétillaient et un sourire en coin. Elle
poussa Félydia derrière le paravent pour qu’elle se change.
Quelques minutes plus tard, la jeune fille ressortit complètement
gênée. Tous les compliments que son amie lui faisait
la rendaient encore plus rouge qu’elle ne l’était déjà.
Mais une chose gênait Alice : elle observait la tenue de
long en large quand tout à coup elle se retourna et fouilla
dans l’armoire. Félydia l’observa un peu décontenancée.
Après avoir fini de farfouiller, la jeune fille lui donna une
paire de chaussures noires ouvertes à talon. Elles s’accordaient
magnifiquement bien à sa robe, puis Alice se glissa
derrière elle et lui mit un collier. Elle portait exactement le
même : c’était une petite fleur de lys argentée.
— Alice, ce collier est magnifique ! Où l’as-tu eu ?
— Je… hésita Alice. Je ne me souviens plus, réponditelle
de façon évasive avec un rire nerveux.
Alors que les deux filles s’amusaient, un jeune homme
aux cheveux courts et blonds vêtu en majordome entra
dans la pièce à son tour.
— Runi ? s’étonna Alice.
— Désolé de vous déranger mesdemoiselles. Alice, on
vous demande dans la bibliothèque.
— Qui me demande ? interrogea-t-elle.
— Je crains que ce ne soit votre grand-mère…
— Oh je vois. J’arrive tout de suite. Fély, si tu veux bien
m’excuser.
— Oui bien sûr ! Ne la fais pas attendre.
Alice quitta la pièce suivie du majordome prénommé
Runi. Son sourire s’effaça peu à peu. Elle commença à
froncer les sourcils et à se mordre la lèvre inférieure, une
mauvaise habitude. Le jeune homme le remarqua et se
sentit, mal à l’aise, mais il décida de prendre la parole.
— Mademoiselle Alice… Tout va bien ?
— Oui, je crois. J’ai peur de ce qu’on va me dire.
— Pourquoi ça ?
— Je sais que l’on est ami depuis l’enfance, mais je ne
peux rien te dire… Je suis désolée.
— Je comprends. Quelqu’un de mon rang ne peut être
informé des projets des nobles.
— Oh Runi… Je ne voulais pas dire ça. Et également,
lorsque nous sommes seuls, pas d’obligation ni de protocole
ennuyeux ! Nous sommes amis après tout, d’accord ?
dit-elle en souriant les yeux pétillants.
— Ce n’est rien, ne vous en voulez pas. De plus, vous
savez bien que pendant les heures officielles je dois être
dans mon rôle de serviteur.
— Certes, mais je te préfère au naturel, sourit-elle en lui
donnant une petite tape sur l’épaule.
— Très bien, mais seulement quand nous sommes seuls.
Nous voilà devant la bibliothèque, je te laisse.
— Merci. J’espère te voir au bal ce soir. En tenue bien
entendu.
— On verra, répondit-il.
Alice ouvrit la grande porte en bois qui grinça. Ses pas
résonnaient sur le sol en marbre au fur et à mesure qu’elle
avançait dans cette immense pièce remplie de livres en
tout genre. En son centre se trouvait le dessin d’un grand
cercle noir entourant une fleur de lys. Et au milieu de ce
cercle se trouvait un pupitre où reposait un livre qui semblait
assez vieux : sa couverture était en cuir noir, ses
pages jaunies laissaient supposer qu’il avait plus d’une
centaine d’années, et sa reliure aux filets d’or permettait
de comprendre qu’il appartenait à une famille de grande
noblesse. Autour de celui-ci étaient réunies trois personnes
vêtues de longues capes rouges. La personne la
plus au centre retira sa capuche laissant apparaître une
dame âgée, mais d’une grande beauté aux longs cheveux
argentés et aux yeux bleu clair semblables à la mer turquoise
des îles. Sa cape était fermée, mais on pouvait deviner
qu’une dame de ce rang portait une robe.
— Avance-toi Alice. Nous t’avons convoquée pour
t’annoncer ton futur.
— Mon futur ?
— Depuis des années, chaque jeune fille née en premier
se voit recevoir les connaissances de ses aînées. Des connaissances
permettant de prendre le pouvoir sur les
hommes !
— Le pouvoir sur les hommes… Que voulez-vous dire ?
— Écoute attentivement. Dans ce livre se trouve l’histoire
de nos ancêtres. Nous savons que tout a commencé
deux générations avant le Prince Ruber, mais les premiers
écrits ne commencent qu’à partir du Prince. Tu le connais
n’est-ce pas ?
— Oui, il fut tué au cours d’une révolution…
— C’est ce qui a été raconté au peuple et aux hommes
de la famille. Mais en réalité, il fut assassiné par sa jeune
soeur Rose.
— Quoi ? s’exclama-t-elle. Pourquoi ?
— C’est une tradition dans notre famille de tuer un héritier
mâle du trône. Rose a été formée par sa mère et sa
grand-mère, tout comme nous allons te former. Au départ,
nous devions prendre Félydia, mais Violette pensait
qu’elle n’aurait pas la force de le faire.
— De faire quoi ? demanda Alice un peu effrayée.
Une femme sur la droite enleva à son tour sa capuche
laissant paraître ses beaux cheveux violets coiffés en chignon.
Elle ouvrit ses yeux noirs et regarda Alice droit dans
les yeux.
— Ma fille Félydia ne pourra faire ce que l’on va t’enseigner,
car il faut tuer quelqu’un qui lui est proche.
— Et vous pensez que moi je peux le faire ? Je ne peux
ôter la vie !
— Tu le dois Alice, c’est dans ton sang ! s’exclama une
autre femme.
— Mais Mère…
— Cette tradition existe depuis des centaines d’années,
tu n’as pas le droit de refuser ! Et si tu refuses, nous serons
obligées de prendre Félydia, et je sais à quel point tu tiens
à elle, déclara sa mère.
— Et si j’accepte, qui dois-je…
— Cela me fait mal au coeur, mais il faut tuer Chris.
— Chris ? Mais je ne peux tuer le frère de Félydia ! Violette,
comment pouvez-vous accepter cela ?
— Mon coeur est serré également, jeune Alice. Perdre
mon fils me fait ressentir une douleur inimaginable.
— Alice, ici nous avons toutes dû faire des sacrifices,
annonça sa mère.
— Ah oui vraiment ? Vous avez toutes tué ?
— Oui… Ta grand-mère a dû tuer son propre frère, moi
également j’ai dû tuer mon frère, ton oncle, le fils de ta
grand-mère !
— Je… Mais pourquoi doit-on faire ça ?
— Tout a commencé plusieurs générations avec celle de
Rose : il est dit que si à chaque génération un des hommes
héritiers ne meurt pas, un grand malheur s’abattra sur le
monde et notre famille sera maudite pour l’éternité. Entre
la fin du monde et perdre un seul être cher, nous avons
toutes fait notre choix. Quel sera le tien Alice ? continua la
grand-mère.
— Vous croyez vraiment que le monde va s’écrouler si
on ne le fait pas ? Admettons, cela doit arriver quand ?
— Il faut que le sacrifice ait lieu ce soir, dit sa mère.
— Ce soir, pendant le bal ? J’ai compris…
— Alice, je sais que c’est dur. Nous sommes toutes passées
par là.
— Très bien… Ce n’est pas comme si j’avais le choix de
toute façon. Félydia ne doit en aucun cas faire ça !
— Parfait, alors c’est réglé. À ce soir !
Elles remirent leurs capuches et sortirent par l’arrière
de la bibliothèque, à l’exception de Violette qui demanda
une dernière chose à Alice : lui laisser le temps de dire
adieu à son fils. Bien entendu, Alice accepta, mais elle
n’avait pas du tout envie de suivre cette soi-disant tradition.
L’heure du bal était arrivée. Alice avait rejoint Félydia
qui s’était préparée pendant tout ce temps. Elles se trouvaient
en haut des marches du grand escalier en marbre,
attendant que la musique s’arrête et ainsi être annoncées
aux invités. Le plus vieux majordome annonça que les
jeunes filles allaient faire leur entrée. La foule s’arrêta de
danser, de parler, et se tourna en direction du grand escalier.
Les deux jeunes femmes dégageaient une telle aura
que toutes les personnes présentes étaient hypnotisées par
leurs beautés. Après qu’elles eurent rejoint leurs parents
qui trônaient sur une grande estrade, assis sur des fauteuils
recouverts de velours blanc, la musique reprit immédiatement
et la foule se mit à danser en rythme. Chris
invita sa soeur qui, malgré la gêne que la robe lui procurait,
s’amusait à danser comme une vraie dame de la noblesse.
Pendant que les parents et les jeunes enfants valsaient,
Alice restait assise, refusant chaque proposition de danse
des jeunes hommes. Elle semblait préoccupée par autre
chose quand un jeune homme masqué se présenta devant
elle.
Ce jeune homme portait un costume blanc, composé
d’une chemise légèrement déboutonnée avec des manches
bouffantes et par-dessus un veston noir en cuir avec un col
button-down au revers rouge. En bas, il portait un long
pantalon classique ainsi que des chaussures noires en cuir.
On ne pouvait entrevoir son visage à cause de son masque
noir, seuls ses yeux gris clair ressortaient ainsi que sa fine
bouche. Ses cheveux étaient rouges, courts, avec une légère
frange. Après avoir chuchoté une phrase à l’oreille de
la jeune fille, elle prit sa main et le suivit sur la piste de
danse. Une musique traditionnelle était jouée au même
moment, alors commença la danse de la famille Lithium.
Pendant cette danse, la mère d’Alice lui fit un signe de tête
comme pour lui dire qu’il était temps de passer à l’action.
Le coeur de la jeune fille s’emballa et elle commença alors
à paniquer. Le garçon avec qui elle dansait lui serra la
main comme pour la rassurer et la laissa ensuite partir.
Pendant qu’Alice était sortie, Félydia vit son frère partir
à son tour avec un air anxieux. Elle voulut le suivre, mais
fut arrêtée par sa mère qui lui parla longuement de sa jolie
robe. L’homme qui était avec Alice plus tôt vint secourir
Félydia et l’invita à danser. Juste quelques minutes après
que Chris fut sorti, ce dernier réapparut en haut des escaliers
en pleurs, tremblant, semblant complètement traumatisé.
Sous le choc, il s’évanouit et tomba en bas des escaliers.
Félydia et ses parents se dirigèrent auprès du jeune
garçon encore tout tremblant.
— Chris ? Est-ce que ça va ? s’écria Félydia.
— Alice… Alice…, ne cessait de répéter le garçon.
— Quoi, Alice ?
— Elle m’avait… Elle m’avait demandé de la rejoindre…
Mais… Mais en arrivant… Elle était…, dit-il encore
en état de choc.
— Calme-toi et reprends ton souffle, dit sa mère.
— Alice est dans la grande salle… Sur une chaise… Il y
a du sang partout ! hurla-t-il en pleurant.
Tous furent choqués. Félydia, n’en croyant pas ses
oreilles, se mit à courir en direction de la grande salle et
ouvrit la porte. Alice se trouvait au centre, assise sur une
chaise, son épaule était appuyée contre le dossier de celleci.
Ces longs cheveux avaient recouvert son paisible visage,
son bras droit était posé sur ses genoux et le gauche pendait
dans le vide. Sa jolie robe blanche était devenue rouge.
Le sang de la jeune fille coulait encore le long de ses jambes
et se terminait en une flaque au sol avec un lys blanc devenu
rouge. Félydia s’approcha lentement de son corps en
murmurant son nom. Elle posa sa main sur la joue d’Alice
qui était plus froide que le marbre. Félydia tremblait. Elle
finit par tomber à genoux au sol et commença à hurler de
chagrin ce qui alerta les adultes qui arrivèrent à leur tour.
Quand ils découvrirent le corps d’Alice, les femmes restèrent
sans voix. La mère d’Alice s’évanouit en voyant
ainsi le corps de sa fille. Approchant de Félydia, les yeux
pleins de larmes et de colère, Runi se mit à la hauteur de
la jeune fille et lui murmura qu’il allait retrouver celui qui
avait assassiné Alice et le tuer de ses propres mains. Il
l’aida à se relever, et l’emmena à sa chambre.
— Doucement, dit-il en posant Félydia sur le lit.
— Runi… Ce n’est pas vrai n’est-ce pas ?
— Félydia… Je crains que si, répondit-il en pleurant.
— Tu m’as dit que tu voulais retrouver celui qui est responsable
de ça… Je viens avec toi !
— Je ne sais pas si c’est une bonne idée… Vous… Tu
devrais rester ici et te reposer.
— Non, je veux partir et chercher le meurtrier !
— Quoi que je dise tu ne lâcheras pas… N’est-ce pas ?
— Non je ne lâcherai rien, dit-elle d’un ton convaincu.
— D’accord, mais je sais pas si je vais pouvoir te protéger.
Je ne suis pas vraiment doué pour ça.
— Ne t’en fais pas, on va se débrouiller. Il faudrait aller
chercher des indices. Moi je ne peux y retourner… C’est
trop dur…
— Pour moi aussi c’est dur. Mais je n’ai pas le choix…
J’y vais de ce pas, déclara-t-il en se dirigeant vers la porte.
— Runi ! Merci. Partons dès que possible, dit Félydia en
s’endormant, laissant couler ses larmes sur l’oreiller.
Runi fit un léger sourire et referma la porte derrière lui
avec un regard furieux. Avant d’aller dans la salle où Alice
fut retrouvée, il alla dans la chambre funèbre. Le corps de
la jeune fille avait déjà été nettoyé et installé dans un cercueil
ouvert rempli de fleurs de lys entourant son corps.
Après avoir pleuré son amie, la fille qu’il aimait en secret,
il se dirigea vers la salle de l’incident et chercha toute la
nuit des indices. Pendant qu’au château tout le monde
dormait, deux silhouettes encapuchonnées s’enfuirent
dans la nuit, leurs capes se confondant avec l’obscurité.
Arrivées en haut de la colline, l’une d’elles s’arrêta
quelques secondes pour jeter ce qui semblait être un dernier
regard sur la ville endormie.
Au lever du soleil, Runi se réveilla péniblement avant
de se préparer à partir. Au lieu d’enfiler sa tenue de majordome,
il mit un marcel noir et par-dessus une longue
cape blanche qui descendait jusqu’aux genoux avec un
grand et long col qu’il pouvait remonter pour se protéger
le visage. Cette cape était tenue par une double chaîne en
argent. Son pantalon noir était en toile résistante auquel
était attachée une petite chaîne grise à la poche droite. Et
il portait des chaussures noires montantes aux semelles
épaisses avec des lacets gris comme ses chaînes. Il se rendit
discrètement à la chambre de Félydia et frappa à la porte.
Elle l’invita à entrer et il vit qu’elle était déjà prête à partir.
Elle portait des habits de voyage : un pull col roulé
moulant sans manches noir qui s’arrêtait juste en dessous
de sa poitrine la mettant en valeur tout en laissant découvert
son ventre plat. Par-dessus, elle portait une veste
étanche violette descendant sur ses hanches et se refermant
avec trois attaches en métal. Son avant-bras gauche
était recouvert par un long gant en cuir noir ainsi que de
résistantes mitaines grises serrées aux poignets par un
scratch gris. Assorti à tout cela, la jeune femme portait un
short en cuir noir retenu par des lacets argentés et une
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mini-jupe par-dessus, de la même couleur que sa veste, décorée
de deux fermetures éclair. Pour se chausser, la jeune
aventurière portait des bottes en cuir très particulières
dans les teintes argentées et noires. Runi lui annonça qu’il
avait une piste tandis qu’elle posait une lettre pour ses parents
sur son bureau.
Les deux jeunes s’éclipsèrent sans un bruit en direction
des écuries afin de récupérer des chevaux pour le voyage.
Ainsi, les deux jeunes gens étaient prêts pour partir à la
recherche du meurtrier de leur amie. Mais ils ignoraient
où tout cela allait les mener. Ils partirent au galop, laissant
tout derrière eux, sans se retourner. Ils avaient fait leur
choix. Ils avaient choisi la vengeance. Un peu plus loin
dans la forêt, une mystérieuse rencontre eut lieu.
— C’est comme vous l’aviez prédit… Ils sont partis à la
recherche de l’assassin, dit une personne cachée dans
l’ombre à deux autres encapuchonnées.
— Oui, nous verrons où tout cela les mène et ferons de
notre mieux pour les aider à avancer, répondit une autre
personne à côté.
— Soyez prudent…, murmura la première personne.
Et ces deux inconnus disparurent dans l’ombre de la forêt

Auteur :

Jeune plume qui vient d'auto-publier son premier roman jeunesse, fantasy, L'Ordre du Lys via Nombre7. Je suis également une fan de jeux vidéos, de séries en tout genre, de livres, de photos...

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